138 termes dans les noms de domaine censurés en Turquie

LA CENSURE EN TURQUIE : 138 termes interdits dans les noms de domaine

La Haute Instance des Télécommunications en Turquie vient d’éditer une liste de 138 mots interdits d’utilisation dans les noms de domaine. Une circulaire a ainsi été envoyée aux fournisseurs d’accès et hébergeurs pour bloquer l’accès aux sites concernés et empêcher l’attribution de noms de domaine qui utiliseraient ces termes interdits.

Des termes anodins. Le plus surprenant c’est qu’un certain nombre d’entre eux sont des mots d’une banalité parfaite, et qui peuvent être indispensables dans la vie de tous les jours. Pour exemple, font partie de cette liste interdite, « histoire », « belle-sœur », « blond », « local », « adulte », « animal », « fille » et même… « interdit » !! Les prénoms « Adrianne » et « Haydar » seront également dorénavant interdits.

Des noms de domaine composés de mots interdits. De plus, cela pourrait même atteindre des sites dont le nom de domaine utilise non pas un mot interdit mais un mot qui contiendrait un mot interdit. Ainsi, le site donanimalemi.com risque d’être fermé parce qu’il contient le terme animal alors qu’il est en réalité composé des termes « donami » et « alemi », et n’a donc rien à voir avec les animaux.

Des termes interdits qui ont une autre signification dans d’autres langues. Enfin, certains termes interdits ont une toute autre signification dans d’autres langues, ce qui bloquera donc l’accès à un certain nombre de sites étrangers. Pour exemple, le terme « pic » fait partie de la liste des 138 parce qu’il signifie « bâtard » en turc. Or c’est également l’abréviation du mot anglais « picture », ce qui privera donc les Turcs de nombreux sites de photos d’actualité.

La Turquie et la censure. Ainsi, des dizaines de milliers de sites pourraient prochainement être fermés. Il y a là une censure et une atteinte à la liberté d’expression flagrantes et particulièrement contestables au vu du caractère anodin de nombreux de ces termes interdits. D’ailleurs, la Turquie est déjà malheureusement connue pour l’importante censure qu’elle met en place sur Internet. Le site Youtube en a notamment fait les frais. En effet elle bloque déjà plus de 7000 sites et Reporters sans Frontières l’a placé « sous surveillance » dans la liste des Ennemis d’Internet publiée le 11 mars 2011. La loi turque consacre pourtant « le droit à l’information selon les principes d’égalité, d’impartialité et d’ouverture qui sont nécessaires à un gouvernement démocratique et transparent ».

Source : CaptainNames.com

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